Narcogenèse est un roman terrifiant… par Anne Larue

Narcogenèse est un roman terrifiant, étouffant. Sa force tient à la fois à sa qualité d’écriture et à la puissance de ses références, qui nous hantent dans l’arrière-fond du texte : Hoffmann et son épouvantable conte du marchand de sable, mais aussi Ubik. Vous avez aimé Hoffmann et Philip K. Dick, vous aimerez Anne Fakhouri.

Le « Grand Lustucru » qui passe, chanté par Colette Magny à la voix si étrangement basse, mange « crus tous vifs, sans pain ni beurre, tous les petits gars qui ne dorment pas » – « petits gars » au sens de « guys », car filles et garçons sont sa proie. Mais le marchand de sable est encore pire quand il s’attaque aux enfants qui dorment. Il est si puissant qu’il peut les projeter dans le coma. Il les viole, il les torture, il les tue. Le moindre sommeil leur est fatal. Il est l’Homme Noir des cauchemars, cette instance psychique destructrice dont parle Clarissa Pinkola-Estes dans Femmes qui courent avec les loup/ves. Il est celui contre personne ne semble pouvoir lutter.

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