Pourquoi tant de haine ? La flotte perdue : par-delà la frontière

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps nous avions laissé Jack Geary et toute sa flotte au milieu d’un système solaire plus qu’hostile et hérissé de massives citadelles vomissant par milliers les têtes nucléaires…
Pourquoi tant de haine ?
Bon sang, il s’agit là d’un Premier Contact avec l’Extra-Terrestre, quelque chose d’unique, de révolutionnaire, d’excitant même. On pourrait, au moins, attendre de se disputer à mort avant de briser l’atome, non ?
À cet instant le lecteur attentif objectera que le Premier Contact a déjà eu lieu, plusieurs siècles auparavant, avec une race non seulement hostile mais si maladivement secrète qu’elle décida même de cacher cette hostilité durant cette durée (nonobstant quelques opérations de sabotage) !
On les nomme les Énigmes et, si vous voulez en savoir plus sur Elles, il vous faudra consulter le tome précédent (Intrépide – ne dites rien, je commence à regretter d’avoir suivi ce jeu du titre-en-un-seul-mot) dans lequel une audacieuse expédition, toute d’infiltration, jette une première lumière sur des êtres d’une paranoïa si accomplie qu’elle les a conduits à brouiller jusqu’à la lumière qui ose s’échapper de leurs Mondes.
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Vaches, car ces nouveaux Extra-Terrestres ressemblent à un croisement de Vache et d’Ours et ils sont observables, enfin. Le texte vous convie donc à un exercice de Xéno-psychologie en temps de guerre. Objectif : comprendre l’agressivité de cette culture, comprendre l’animal social derrière l’être intelligent pour mieux anticiper ses réactions.
J’aime beaucoup car cela correspond au rapprochement régulier entre l’Homme et l’Animal, lentement la frontière entre les deux se brouille à mesure que l’unicité des compétences de l’Homme est remise en question.
Quelle mine pour l’auteur de SF. Je dis bien SF car en partant d’une série basant sa popularité sur les conflits militaires Jack Campbell est en train de nous faire de la science-fiction au sens le plus large. Sans retirer de tension dramatique, car à la fin il s’agit d’échapper aux ultra-massifs vaisseaux qui menacent la flotte de Black Jack d’une très classique manœuvre dite du « Marteau et l’Enclume ».
Alléchés ? Vous venez de relire les classiques de l’extra-terrestre que sont Anneau-Monde (Larry Niven), Le Moineau de Dieu de Mary Doria Russell ou La Poussière dans l’œil de Dieu toujours de Niven, alors n’hésitez pas à sauter dans ce nouveau train. Cette série vient en effet de faire un arrêt au roman précédent (Intrépide) pour laisser monter de nouveaux lecteurs (ceci expliquant les rappels un poil ennuyeux pour les fans de la série depuis le début, désolé).

Bon voyage.

Alain Kattnig
Co-directeur de la « Dentelle du Cygne »

P.S. Vous noterez que je n’ai rien dit à propos de l’araignée géante en couverture, mais ce n’était pas facile.