« Magie brute » ou « Princes de la pègre », ou le choix impossible

Qu’est-ce qu’un co-directeur de collection à L’Atalante ? Que voilà une drôle d’appellation, qui vient, apparemment aléatoirement, décorer certains des livres de la Dentelle du Cygne.
Pour répondre à une question que vous ne vous posiez sans doute même pas (mais cela introduira mon propos à suivre), il s’agit dans le cas qui nous intéresse d’une responsabilité partielle de cette collection.
Partielle en quoi ?
Eh bien, apprenez que, quand j’étais petit, j’ai décidé de m’attaquer aux romans de SF/Fantasy qui mettaient trop de temps à être traduits de l’anglais.
Sachez, jeunes lecteurs impatients, que le déluge de traductions auquel vous avez le privilège d’assister aujourd’hui n’a pas toujours existé. Il fut même un temps où il était possible de lire TOUTES les nouveautés.
Si, si, c’est vrai, refermez donc votre mâchoire, c’est la saison des insectes ailés.
Je me suis donc retrouvé à L’Atalante en leur vantant le livre de bidule ou l’œuvre de machin, et depuis je cherche de nouveaux auteurs pour leur faire découvrir la joie d’appartenir à notre catalogue (ne riez pas, ça marche !).
Mais quittons la digression, voire l’exergue, pour en venir au cœur du sujet :

– A la fin du mois de mai sortira Magie brute de Larry Correia, un nouvel auteur, justement. On l’a choisi parce qu’il est bon. En plus il écrit vite. Et ça reste bon. Je trouve même qu’il s’améliore. Mais il me pose un problème, car voyez-vous :

– A la fin du mois de juin sortira Princes de la pègre de Douglas Hulick, un nouvel auteur, justement. On l’a choisi parce qu’il est bon. En plus il écrit euh… pas très vite, dix ans de travail sur ce livre : on les sent !

Vous voyez le topo ? Impossible de choisir, alors je ne vois qu’une solution : vous prenez les deux et VOUS me direz celui que vous préférez sur ce billet ou dans le forum. Honnête, non ?

Pour le moment, c’est Magie brute qui est sur la sellette, et ça brûle, les presses sont encore chaudes, un livre c’est comme une baguette, c’est meilleur chaud !
De toute façon ce livre est chaud, et puis, tenez, au lieu de le définir par ce qu’il est, on va dire ce qu’il n’est pas, peut-être s’en sortira-t-on ainsi ?

– Ce n’est pas un roman de super-héros mais il en y a.
– Ce n’est pas un roman d’aventures, mais il y en a, sacrément.
– Ce n’est pas un roman de guerre, mais elle n’est jamais bien loin.
– Ce n’est pas un roman historique, mais il en fait habillement sa complice.
– Enfin ce n’est pas une romance, mais vous la reconnaîtrez … au-delà des Enfers.

Un livre comme je les aime, qui respecte les engagements de vertige et de tension du genre sans insulter l’intelligence du lecteur.

Magie Brute, fin mai, un peu partout en France, vous savez ce qu’il vous reste à faire, alors… ne vous décevez pas !

Alain Kattnig
co-directeur de la Dentelle du Cygne

15 réflexions au sujet de « « Magie brute » ou « Princes de la pègre », ou le choix impossible »

  1. Je suis dans Quantika mais je compte bien lire Magie Brute dès que possible, il me fait envie depuis la première fois que j’ai vu la couverture (superbe). Je sens que je vais me faire bien plaisir.
    Je ne savais pas que Hulick avait passé autant de temps sur ce roman, j’avoue ça me donne une excuse supplémentaire pour me pencher dessus. Je le lirai aussi 🙂
    Et donc on pourra comparer les avis 😀

    • C’est gentil, j’espère que nous ne vous décevrons pas. J’en suis presque persuadé. D’ailleurs regardez donc les commentaires sur les versions anglo-américaines de ces deux livres sur les amazon : le carton plein, j’ai très très rarement vu ça.

    • La suite … et bien elle est tellement bien prévue que la traduction est lancée et rendez-vous est pris également avec l’illustrateur depuis février pour débuter le travail fin juillet (et oui, il faut prévoir parfois très en avance !).
      En plus je l’ai lu, elle est au moins aussi bonne que Magie brute.
      Donc typiquement et grossièrement parlant on peut compter sur un livre tous les douze mois.

  2. Le problème du choix ne se pose même pas : il suffit de commencer par celui qui est déjà sorti, tout frais, tout croustillant, et enchaîner sur l’autre après.
    Mais si, « Magie Brute » a la particularité de se gober comme une chouquette, personne n’est capable de le faire durer ! Alors il vous sera même possible d’intercaler une ou deux lectures entre les deux.

    Bon, je meuble, je meuble, en fait je chauffe la salle en attendant la performance du petit cochon rose aux oreilles soyeuses qui est sur les starting-blocks, tout plein d’enthousiasme juvénile pour ce livre, fourbissant ses superlatifs, bridant sa fougue cochonnesque, prêt à bondir tel un cabri déjanté…
    (bon, ça y est, tu l’as fini ce livre ? Lâche cette serpillière et viens prendre le relais, je suis un peu à cours d’inspiration, là).

    Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai un livre à finir et un autre à commencer, moi.
    La suite de « Magie brute », en fait
    (qui arrivera quand en français c’est vrai ça ?…)

    • Mon enthousiasme pour Magie Brute est tel que j’ai ouvert un post sur le forum pour partager mon avis dessus avec les millions d’internautes qui le fréquentent. ^^
      Et j’abonde : y’a pas à choisir. On lira les deux !
      Sinon, K a raison : il fut un temps où l’on pouvait tout lire !
      Aujourd’hui c’est un peu plus compliqué…

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  5. je viens d’achever Princes de la pègre et … j’ai adoré! un livre d’ambiance, un peu comme Gagner la guerre (moutons électriques), où les ingrédients classiques de la fantasy sont utilisés avec parcimonie et au service de l’histoire. Beaucoup de charme. Dès que je peux, je me lance dans Magie brute

  6. Merci de cette réaction enthousiaste, d’autant plus que la comparaison avec « Gagner la guerre » du point de vue de l’ambiance est fort flatteuse. Ces deux romans tout en étant très différents sont à ranger dans la rubrique pas si peuplée que ça des histoires qui échappent à leurs auteurs puisque ce sont les personnages qui la font, à leur guise !
    J’attends vos réactions et comparaison vis-à-vis de Magie brute donc !

  7. Avec un peu de retard, je répond sur ce billet !
    J’ai (enfin) lu les deux ouvrages sus-nommés et bien que j’ai apprécié la fantasy d’Hulick (que je comparerais plus à Brust ou Weeks que Jawoski pour ma part), j’ai vraiment été scotché par Magie brute.
    Un univers qui fait un peu pot-pourri, et je crois que je continue d’en être enthousiasmé tant mes attentes vis à vis de ce titre était faible (quand je l’ai vu débarqué en rayon j’ai plutôt dis « Ah ! Un roman de série Z, ça faisait longtemps ! »).
    Autant j’ai apprécié le travail d’édition sur la couv et la 4ème de Magie Brute, autant j’ai hurler en lisant la 4ème des Princes qui en dit énormément trop (Et puis sur l’absence de carte aussi…. Mais la vous n’y pouvez rien)
    Voilà donc mon commentaires sur ces deux titres, sans pour autant jamais en parler !

    • Merci de ce retour, il n’y a pas de retard qui compte ou alors cela voudrait dire que tous ces posts disparaissent dans l’infini d’internet à peine sortis !
      J’entends bien le reproche qui est fait à la quatrième de couverture de Princes de la pègre et je suis d’accord sur la trop grande révélation qu’elle contient. Maintenant il nous faudra attendre une nouvelle impression pour corriger cela, souhaitons lui !
      Je comprends également que le choc ressenti à la lecture de « Magie brute » vous ait semblé plus intense, mais il s’agit là de genres différents. La Fantasy est par construction un genre « contraint » dans lequel il est bien plus difficile de faire ressentir de la surprise que dans la SF où par définition tout est possible et même encouragé.
      Et à l’intérieur de ces contraintes je trouve que Hulick est plus intéressant que Brust ou Weeks. Mais effectivement le travail sur la langue et les décors n’est pas comparable à celui réalisé par Jaworski, cependant annelibraire faisait plutôt référence à l’ambiance avec cette référence et l’économie des moyens « magiques » ce qui en rehausse l’impact.

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