Le retour des flux

Eh oui, nous voilà de retour après un repos bien mérité. Alors, prêts à découvrir ce qui vous attend lundi prochain ? Certes, vous en avez déjà eu un avant-goût avec les précommandes proposées par les différentes plateformes, il n’empêche que je ne raterai notre rendez-vous des vendredis du numérique pour rien au monde (enfin… si, il y a bien des trucs qui pourraient m’en détourner… heureusement qu’on peut écrire ces choses-là en avance et programmer leur date de parution…). Bref, sans transition, voici le programme :

  1. Quoi de neuf dans les flux ?
  2. Des idées pour une nouvelle année
  3. Le faux problème des DRM
  4. Ara est un palindrome
  5. Pendant ce temps en Argentine

Quoi de neuf dans les flux ?

Une nouvelle année évoque de nouveaux auteurs, de nouveaux titres et de nouvelles séries en numérique. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faudrait négliger vos chouchous du lancement. Nous avons donc concocté pour les premières semaines de 2013 un savant mélange de genres et d’auteurs entre fonds et nouveautés. Et dès le 7 janvier (re)trouvez :
Frère Ewen, de Pierre Bordage. Eh oui, vous ne rêvez pas, la Fraternité du Panca arrive sur vos terminaux de lecture !
La Compagnie noire, de Glen Cook. Là aussi, c’est du lourd ! Notre série de dark-fantasy que vous avez acclamée en papier et réclamée en version numérique.
Déchiffrer la trame, de Jean-Claude Dunyach. Troisième recueil des nouvelles d’un des orfèvres français du genre. Et nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin.
L’Honneur de Traquemort, de Simon R. Green. Le Traquemort revient… et il n’est pas content ! C’est le moins que l’on puisse dire.
Les Zinzins d’Olive-Oued, de Sir Terry Pratchett. Saviez-vous que la guilde des alchimistes d’Ankh-Morpork a trouvé un moyen de capturer des images qui bougent et à les restituer sur un écran ? Une nouvelle fièvre s’empare du Disque-monde.
Au champ du déshonneur, de David Weber. Procès, trahisons, affaires et affres de cour… rien ne sera épargné à Honor dans ce nouvel opus de la grande saga de David Weber.

Des idées pour une nouvelle année

Des idées pour le numérique, on en a pas mal : des bonnes, des mauvaises, des réalisables, des irréalisables, des pas encore tout à fait réalisables à cause de problèmes légaux, des pas encore réalisables à cause de problèmes techniques, ainsi qu’un certain nombre d’autres qui ne rentrent dans aucune des catégories mentionnées ci-dessus.
Cette année donc, nous allons travailler à rendre une offre combinée possible et pas uniquement par le biais de notre site pour ne pas léser les libraires indépendants. Nous allons également nous lancer dans le feuilleton, sans doute vers la fin du deuxième trimestre. Et nous vous préparons quelques surprises avec nos auteurs francophones. Soyez à l’affut !

Le faux problème des DRM

Oh, que n’ai-je pas écrit là ? Les ayatollahs du sans DRM à tout prix vont-ils me jeter une fatwa ? De quoi s’agit-il au juste ? Eh bien, les fichiers des Annales du Disque-monde portent des DRM. Entendons-nous bien, ce sont les seuls fichiers de notre catalogue numérique à subir ce traitement spécial. Pourquoi ? Parce que cela nous a été demandé par les agents de Sir Terence lui-même. Et que je n’entende personne crier à la trahison. J’ai toujours dit et écrit que les DRM n’ont pas de place dans notre vision du numérique, mais qu’ayant toujours travaillé dans le respect des auteurs que nous éditons nous ne refuserions pas à un auteur qui le choisirait (et que nous n’aurions pas convaincu des bienfaits du watermarking) de verrouiller ses fichiers de cette manière.
Dans nos négociations, la question de la protection des fichiers est toujours discutée âprement, tout comme le prix de vente (comme je l’ai écrit dans un précédent billet). Dans un premier temps nous étions tombés d’accord avec les agents de Sir Terence sur l’usage du watermarking, puis il nous a été demandé d’utiliser les DRM. Je suis en contact régulier avec mes interlocuteurs en Angleterre pour faire évoluer la situation et je ne désespère pas avoir gain de cause. Néanmoins, en attendant ce jour, je respecte leur choix.
Liberticides, les DRM ? Oui, sans doute ou peut-être même pas tant que ça… Mais outre la liberté du lecteur, il existe aussi la liberté de l’auteur et l’un des rôles de l’éditeur numérique est de faire coexister les deux.
La semaine prochaine, j’intitulerai une des entrées de mon billet : « Le vrai problème des DRM », c’est promis.

Ara est un palindrome

Ara (c’est un oiseau très coloré qui se plaît dans les régions tropicales et dont l’espèce est menacée d’extinction) est le nom vernaculaire des membres de la sous-famille des Psittacinae qui, lui, n’est clairement pas un palindrome. Et c’est bien dommage, avouons-le.

Pendant ce temps en Argentine

Aujourd’hui, il fera beau à Buenos Aires, même si quelques nuages risquent de jouer les trouble-fête dans le ciel. Il fera chaud également : les températures grimperont jusqu’à 28°C cet après-midi qui, ne l’oublions pas, commencera avec quatre heures de retard par rapport à chez nous à cause du décalage horaire. Une brise légère, venue du nord, ébouriffera perruques et implants.

9 réflexions au sujet de « Le retour des flux »

  1. à une époque j’ai acheté de la musique sous DRM. Et puis j’ai dû changer d’ordinateur, puis installer un système, réinstaller le système, et… Mes DRM se sont perdus, définitivement, c’est à dire que j’ai des fichiers musicaux acquis à prix d’or (0,99€) que je ne pourrai plus jamais écouter. Et ce n’est pas tout, si la société qui gère les DRM ferme boutique, comme Wall-mart à une époque, qui s’est retiré de la musique numérique, la réactivation de DRMs n’est même plus possible du tout !
    Imaginez que vous achetez un livre et que celui-ci vous dise merde le jour où la Fnac ou Virgin ferment… Eh bien c’est ça, les DRM : ce n’est pas tant le contrôle (chaque artiste a bien le droit de décider ce qu’il fait de son oeuvre, chacun ses problèmes), le souci, c’est l’absence de garanties dans le temps. Et comme les boites qui en proposent des contenus soumis à DRM se moquent de savoir ce qu’il en adviendra quand elles auront coulé, personne ne cherche de solution…
    Quand on achète un livre en papier on peut le garder des siècles, mais un livre avec DRM a une espérance de vie infiniment plus courte, alors même que sa dématérialisation pourrait permettre le contraire.

  2. Quand j’ai écrit dans mon article que la semaine prochaine je consacrerai du temps pour traiter de ce que nous considérons ici comme le vrai problème des DRM, ce n’était pas une blague.
    Et le point que vous soulevez en fait partie. Il y a également le surcoût que cela occasionne pour nos revendeurs et tous les problèmes de service après vente que cela peut entraîner…
    C’est également parce que nous ne croyons pas à l’utilité des DRM que je discute régulièrement avec les agents qui me les demandent pour négocier un assouplissement de leur position sur le sujet.

  3. Imposer des DRM relève malheureusement d’un parfaite méconnaissance de la situation réelle…
    1. Cela pénalise réellement le lecteur (ou peut être devrions-nous dire plutôt le consommateur, vu la démarche) pour les raisons évoquées dans le tout premier message en réponse à ce billet.
    2. Techniquement, ça ne protège de rien du tout. Une fois téléchargé par l’acheteur, la protection peut sauter en quelques secondes avec les bons scripts disponibles facilement.
    3. Les livres de Sir Pratchett sont déjà disponibles pour la plupart illégalement et facilement donc il n’y a même pas besoin de s’embêter à faire sauter des verrous numériques.

    Bref, ça ne fait juste qu’inciter les gens à ne pas passer à l’achat. Belle réflexion de l’agent qui, pensant défendre les intérêt de son client, ne fait en fait que lui nuire.
    C’est fort dommage. Je n’achèterai donc aucun ouvrage de Sir Pratchett, privilégiant d’autres auteurs (tant mieux pour eux).

    Merci cependant à l’Atalante pour les efforts qui sont faits.

  4. DRM = boycott.
    J’ai la même philosophie quelque soit l’oeuvre culturelle. Ces messieurs peuvent garder leurs « produits ».

    Vivement l’offre combinée, que je participe à la démonstration de cette idiotie.

  5. Ma réponse pourra paraître ironique à certains et elle l’est sans doute un peu face à de réactions que j’ai lues ici ou là et pas uniquement sur ce blog. Si le monde était simple, ça se saurait.
    Un des arguments fréquents est qu’imposer des DRM révèle une méconnaissance des usages réels, mais je serais tenté de demander combien d’entre-vous ont une connaissance des rouages du monde du livre. Et notamment quand il s’agit d’acquisition de droits étrangers ?
    Allez, je vous donne différents cas de figure :

    L’acquisition directe :
    Oui, parfois il arrive qu’une maison française traite directement avec l’auteur pour la traduction de son œuvre. C’est le cas le plus simple où nous identifions parfaitement notre interlocuteur.

    L’acquisition auprès d’un agent français qui représente directement l’auteur étranger :
    Dans ce cas de figure la théorie voudrait que l’agent transmette la proposition à l’auteur. En pratique, si l’auteur a mandaté l’agent pour tout gérer, la transmission a des chances de ne jamais avoir lieu.

    L’acquisition auprès de l’agent du pays d’origine de l’auteur :
    Même problématique que ci-dessus avec en plus le problème des usages et des législations locales qui peuvent différer des nôtres.

    L’acquisition auprès d’un agent français mandaté par l’agent du pays d’origine :
    encore un intermédiaire de plus… sommes-nous sûrs que nos propositions sont transmises ne serait-ce qu’à l’agent du pays d’origine ? Au moins sommes-nous certains que les harmonisations légales ont globalement été faites en amont.

    L’acquisition auprès du service droits étrangers de la maison d’édition d’origine :
    S’il s’agit d’une maison indépendante, les choses sont assez simples… mais l’éditions mondiale est surtout devenue l’apanage de grands groupes où votre interlocuteur peut changer au gré des restructurations et surtout qui est n’est là « que » pour vendre… le groupe dispose d’un service juridique qui s’occupera des contrats en fonction de la politique du groupe, du sens du vent, des contrats passés par ailleurs…

    Le premier qui dit : « yakatoupété » est, je suis désolé pour lui, un simplet de mon point de vue. Même si certains des circuits sont lourds, ils ont l’avantage d’exister et de fonctionner bon gré, mal gré. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher à mieux faire, mais je ne pense pas que la tabula rasa soit une solution. Ou alors, je vous invite à apprendre moult langues étrangères pour lire Cook en anglais, Hohlbein en allemand, Negrete en espagnol et Glukhovsky en russe…

    Dans mes exemples ci-dessus, j’ai mis exprès l’auteur à l’écart. Cependant, s’il est suffisamment important, il peut intervenir dans n’importe quelle des hypothèses précédentes, même celle du groupe international d’édition.
    Il se peut que la demande d’apposition des DRM dans le cas qui nous intéresse émane de Sir Terence lui-même (comme quoi, même les meilleurs…). Franchement, je n’en sais strictement rien. Mais elle pourrait légitimement être liée au troisième point évoqué par Fifish : peut-être aimerait-il ne pas ressentir une énième fois cette impression de viol à voir une autre de ses œuvres piratée ?

    Pour ma part en tout cas, je vais continuer à défendre les choix de L’Atalante auprès de mes différents interlocuteurs des droits étrangers. Fort heureusement, toutes les négociations ne sont pas aussi ardues.

  6. Bonjour Denis,

    C’est vrai que cela n’a pas l’air aussi simple que l’on pourrait le penser. Mais ca semble tellement logique d’abandonner les DRM… enfin pour ma part, ca sera sans DRM quelque soit l’auteur, l’édition… Tous mes encouragements aux éditions l’Atalante et leur politique éditoriale. 🙂

    Sinon dans un autre registre, est ce que vous pouvez faire un bilan des premières semaines de ventes numériques ?

  7. Oh, mais quelle bonne idée ! Il me manquait une entrée pour mon billet du prochain vendredi du numérique. Un petit bilan des quelques semaines qui ont suivi notre lancement. Parfait. Je prépare ça.
    Et merci pour les encouragements.

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