Métaquine® News

  

Métaquine® est un médicament psychotrope qui rend les écoliers zélés et obéissants. Désormais, la molécule entre dans la composition d’un roman de François Rouiller, paru en deux tomes aux éditions L’Atalante
 (Indications et Contre-indications).

Nouveautés
•    Les deux volumes de Métaquine® sont arrivés en librairie le 24 mars 2016, en France comme en Suisse romande. (Tome 1 : Indications, ISBN13 : 9782841727520 ; tome 2 : Contre-indications, ISBN13 9782841727704).
•    Le livre est également disponible en version électronique, téléchargeable sur tablette et liseuse.
•    Métaquine® est-elle une pure invention romanesque ? Pour en juger, rendez-vous sur le blog du roman, où fiction et réalité scientifique disent la part qu’elles ont prise dans l’élaboration du récit. Dernier article paru : Métaquine® et kétamine : mêmes pouvoirs, mêmes espoirs ? (26.03.2016).
•    Génération Métaquine® : ainsi s’intitule une galerie de portraits d’enfants, les uns recevant le médicament de GlobantisPharma, les autres susceptibles d’en bénéficier bientôt. La collection s’étoffe régulièrement de nouveaux dessins, en particulier de ceux que l’auteur exécute en dédicace de son livre. On peut suivre en direct l’accrochage des portraits sur Instagram et Facebook, ou visiter la galerie sur le site du roman.

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FUTU.RE en son et en images

Il y a près de deux mois, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky sortait en librairie. Plus de 700 pages pour nous immerger dans un avenir sombre et questionner un des plus vieux mythes de l’humanité : l’immortalité.

Venez découvrir, en images et en son donc, l’univers du roman. Et pour ceux qui n’auraient pas encore sauté le pas, le site offre les cinq premiers chapitres à la lecture.

C’est ici.

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FUTU.RE passe le test de la page 99

L’éditeur anglais Ford Madox Ford (1873-1939) aurait un jour prétendu qu’il pouvait juger de la qualité d’un manuscrit à la lecture de sa seule page 99, comme un coup de sonde en plein cœur du livre. FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky n’échappe pas au test. Cette page 99 donne-t-elle envie de lire sa contre-utopie mêlant immortalité, surpopulation et néo-fascisme ?

page99FUTU.RE se déroule dans un avenir assez lointain, sombre et violent. L’humanité a pourtant réussi il y a quelques siècles à manipuler son génome pour stopper le processus de vieillissement, s’offrant ainsi une quasi-immortalité et les avantages l’accompagnant. L’Europe est devenue une gigapole hérissée de gratte-ciel où s’entasse l’ensemble de la population qui avoisine le trillion. Elle fait figure d’utopie car la vie y est sacrée et la politique de contrôle démographique raisonnée, comparé au reste du monde.

Mais la surpopulation menace son équilibre, et le vieux continent est au bord de l’implosion. La loi du Choix, qui oblige tout couple qui souhaite avoir un enfant à déclarer la grossesse à l’État et à sacrifier un parent, est de moins en moins respectée.

Pour faire respecter l’ordre, les Phalange, force spéciale des « Immortels », traquent et débusquent les contrevenants, leur injectent un accélérateur de vieillissement et enlèvent leurs enfants. Matricule 717 est l’un des leurs. Il vit, comme la gfuturerande majorité de ses concitoyens, dans un cube miteux de deux mètres sur deux. Quand un riche sénateur lui propose d’éliminer un farouche opposant politique qui menace de briser le faible équilibre de l’Europe, il accepte sans sourciller, persuadé de servir son utopie.

En couverture, le masque d’Apollon, ou plutôt de la Méduse, sinistre et fatal, illustre parfaitement les thèmes du livre: vie et beauté éternelle, puissance du féminin, angoisse de la castration, rapports intimes etc.

EXTRAIT DE LA PAGE 99

Ses yeux sont mi-clos, la bouche entrouverte; je vois les fentes entre ses dents…

-Allez… Essaie de t’enfuir… Gamin…

Et là, je fais la seule chose possible dans cette empoignade animale. Avec l’énergie du désespoir, je me projette en avant vers son oreille. Mes dents glissent sur ses cheveux couverts de sueur, sur sa peau, je referme ma mâchoire, je serre, ça croustille, ça brûle, ça s’arrache !

-Connard ! Lâche ça ! Salaud ! Aaaaaaïe !

(…) Il me repousse, je roule, avec quelque chose de mou et chaud entre mes dents. Il presse sa paume sur sa tête ensanglantée. Je sens un goût salé, et un autre qui ne m’est pas familier ; je suis sur le point de vomir. Je rampe plus loin, je bondis ; en pleine course, je crache son oreille mâchouillée, la serre dans mon poing et je déguerpis à toutes jambes (…).

-Connard ! Fils de pute !

Je me tiens debout dans le couloir blanc sans angles et sans issue. Dans la main, je tiens mon trophée de merde, mon futal trempé sur les genoux. Au plafond, l’oeil omniscient m’observe de son regard aveugle, qui ne cillera pas quand on viendra me tuer. Je vais m’enfuir d’ici ou crever.

Je vais m’enfuir d’ici.

C’est décidé.

VERDICT

Cette page 99, qui clôture le chapitre quatre, Rêves, ne nous apprend rien sur le système politique, le modèle social ou économique du monde imaginé par Dmitry Glukhovsky. Elle révèle, en revanche, un élément clef du livre: la pseudo-utopique société européenne n’a pas éliminé l’extrême violence. La lutte qui oppose le narrateur à un autre personne -dont nous tairons l’identité pour ne pas nuire à l’intrigue- est rythmée par l’écriture de l’auteur : simple, épurée, vive, toute en phrase courte le tout à la première personne. Le vocabulaire, comme la scène décrite, est lui aussi violent, brutal.

Cette page 99 nous donne-t-elle envie de lire FUTU.RE ? Assurément. Et pour ne rien cacher, nous avons même dévoré l’ouvrage, tant l’intrigue est prenante dès les premières pages. L’écriture, si elle n’est pas aussi violente que dans cette page 99, est efficace et agréable. Les pages se tournent, les lignes s’effacent, l’Europe du future, angoissante, se met en place. FUTU.RE tient aussi sa promesse: celle d’interroger le lecteur sur notre société actuelle, en décrivant avec précision les arbres futuristes que pourraient devenir les mauvaises graines d’aujourd’hui. Le concept est pourtant loin d’être nouveau -Huxley, Orwell, K. Dick, Rufin etc.-, force est de constater que Dmitry Glukhovsky arrive à éviter le piège de la redite et du déjà-vu.

Nous vous proposons d’ailleurs de découvrir le premier chapitre ICI.

L’Express

« Les Chevaux Célestes » d’un certain Guy Gavriel Kay, vous connaissez ?

Non ? … eh bien vous devriez !
Car, si vous êtes arrivés sur ce blog, c’est sans doute que la fantasy ou l’imaginaire au sens large ne vous laisse pas indifférent.
Peut-être même que le nom de Guy Gavriel Kay ne vous est pas totalement inconnu ! Et pourtant, malgré de nombreux romans publiés, l’auteur reste relativement confidentiel en France.

La parution de Les Chevaux Célestes devrait changer cela, car c’est à mon sens l’œuvre maîtresse de Kay, la pure essence de son approche quasiment unique de la fantasy. Et c’est l’usage de la civilisation millénaire chinoise qui a permis un tel chef-d’œuvre, car vous qui cherchez des civilisations étrangères, des coutumes extravagantes et des psychologies différentes, inutile d’aller plus loin.
Notre bonne vieille planète, en plusieurs milliers d’années d’histoire et bien plus de préhistoire, a déjà produit plus de variétés qu’il n’en faut pour nourrir les muses de tous les écrivains de fantasy !
Avec un immense avantage : la profondeur culturelle et historique.

Combien de fois avez-vous entraperçu les étais des décors de carton-pâte de vos fantasy ? Hum ?
Combien de fois vous êtes-vous dit qu’il était décidément bien étrange que vos voleurs, mendiants et autres ruffians favoris soient aussi peu différents de vous ?

Voilà ce qui distingue ce roman.

Restait à éviter l’autre grand écueil auquel doit faire face chaque littérature de genre ; l’attraction de la grande littérature et la négligence des codes du genre. (cf. Fabien Lyraud sur ce sujet).
De ce côté-là, il faut reconnaître que les apparences sont trompeuses ; notre héros s’exprime aisément en vers et les combats les plus difficiles sont des joutes, certes, mais oratoires à la cour de l’Empereur !
Pire encore, la prose de Kay a toujours été élégante et fluide, le tableau est apparemment accablant, non ?

Eh bien, j’affirme ici le contraire.
L’écriture de Guy Gavriel Kay n’est pas une fin et sert son histoire. Quant à l’importance de la poésie dans le roman, apprenez qu’elle correspond à une réalité qui a été et que pour s’élever dans l’univers de la Chine ancienne, tout pétri de valeurs guerrières que vous soyez, vous devez savoir jouer de votre langue comme d’une dague acérée.
Ces combats n’en sont pas moins incroyablement passionnants car, au contraire des combats à l’épée dont les finesses ne nous sont pas accessibles, un combat d’éloquence devant l’empereur nous est parfaitement intelligible !
Souvenez-vous donc du film Ridicule à la cour du roi Louis XVI, et vous aurez une idée des périls qu’encourt notre héros, l’honorable Shen Tai.
Lui qui était simplement parti donner une sépulture aux ossements de la dernière grande guerre de son défunt père…
Un acte perdu au milieu de l’empire le plus peuplé de l’histoire, mais un acte dont les répercussions feront vaciller l’Empire du Milieu.
Quant à toi, lecteur, tu accompagneras Shen Tai au sommet de la vague de changement qui affecte la Kitai et tu te souviendras de la vieille malédiction chinoise :

« Puissiez-vous vivre des temps intéressants. »

 

 

Permettez-moi enfin de remettre notre belle couverture, on ne s’en lasse pas !

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Vous trouverez enfin un échantillon, comme à la parfumerie, ici.

Alain Kattnig

Des rivières de sang couchées sur du papier : Vincent Chong & Liz Williams

presfutL’objet physique qu’est le livre, que vous tenez d’ailleurs de moins en moins souvent entre vos mains, peut subir de nombreux ratés, hélas. Bien sûr il y a les feuilles qui se décollent, mais l’amélioration des colles l’a rendu aujourd’hui exceptionnel. Nous avons aussi au menu les pages qui manquent ou qui sont répétées au détriment de celles que vous auriez voulu lire. Mais les défauts les plus apparents et donc les plus gênants sont souvent liés à la couverture. Lointain est le temps où des symboles dépouillés suffisaient, tenez, comme dans les vieux « Présences du Futur » à gauche.

Aujourd’hui les couleurs explosent dans tous les sens, les graphistes et les illustrateurs se défoncent… mais nous autres éditeurs de mots n’avons que peu la culture de l’image. Alors quand vient le moment de coucher ces beautés sur le papier, ou plutôt sur le carton parfois mat, viennent les désillusions… « Quoi ! Mais on ne voit rien dans ces noirs ! » est l’interjection la plus courante et une des raisons de l’abandon de nos anciennes couvertures. Alors quand l’impression est une totale réussite… réjouissances ! Car, on ne le sait pas assez, la peinture à base de sang souffre d’un faible contraste. Or le roman de Liz Williams, La Traite des âmes, étant fréquemment rendu en Enfer, il fallait bien se résoudre à employer généreusement le rouge. Car, voyez-vous, le sang est une délicatesse très appréciée des différents Démons, à l’image du vin, fonction de l’âge du « donneur » et de son état biologique. Vincent Chong, l’auteur des superbes illustrations de la série du Grimnoir de Larry Correia, nous a fait la faveur de nous proposer sa propre vision d’un Enfer chinois moderne… mais toujours couleur sang.

Mais laissons parler l’artiste.

N’hésitez pas à comparer avec la couverture imprimée. Et puis, une fois que vous aurez le livre… ouvrez-le, il en vaut la peine !

Et pour un petit coup d’œil indiscret sur le début du livre, visitez donc notre bibliothèque virtuelle !

Zai Jian

Alain Kattnig