Ami lecteur,
Aujourd’hui, je me transfigure en marchand de lessive en vous proposant du 3 en 1 : les sixième, septième et huitième jour de la Décade de l’Imaginaire en un seul article. C’est ça, la magie d’Internet… elle ne fonctionne pas toujours. Bref, vous n’êtes pas venus là pour m’entendre râler contre les aléas des prestataires de connexion, mais pour entendre la sainte paro… Sorry, wrong number.
Côté nouvelles, vous fûtes nombreux samedi à télécharger La Stratégie du requin de Jean-Claude Dunyach au point que parler de raz-de-marée ne serait pas incongru. Requin, marée… je vous laisse constater que malgré un week-end contrariant, je n’ai rien perdu de mon sens de l’humour ! Pour le beau dimanche ensoleillé, c’est Fractal de Vincent Gessler qui vous a séduits. Une vengeance implacable et surprenante. Enfin, aujourd’hui, c’est une histoire martienne que je vous propose de découvrir. Un texte étonnant de Michael Moorcock, dédié à une grande dame de la science-fiction, Leigh Brackett. (Vous la connaissez forcément, même si vous ne lisez pas de la SF. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce qu’elle cosigne le scénario de L’Empire contre-attaque, le meilleur film de la série Star Wars.) C’est une histoire martienne, disais-je, une enquête qui plus est, au titre des plus étranges : La Sorcière égarée de la citadelle silencieuse. Tout un programme, croyez-moi ! Et un beau programme.
Du côté des romans et des auteurs, dont je vais vous parler aujourd’hui, nous allons rester exclusivement dans le domaine francophone. Car nous avons, dans l’Hexagone, d’excellents auteurs de l’imaginaire, même si parfois nous autres lecteurs restons aveugles à leur qualité, succombant à l’appel des sirènes anglo-saxonnes.
Commençons par Rêves de Gloire de Roland C. Wagner. Une uchronie née de points de divergences multiples, d’histoires personnelles alternatives (dont la mort du général de Gaulle dans un attentat n’est sans doute pas la moindre, sans être le seul pivot des événements) qui vont se conjuguer, confluer et provoquer cette Histoire alternative contée à son tour par les multiples voix de ceux qui l’ont vécue, ceux qui l’ont faite ou simplement ceux qui en subissent directement ou indirectement les conséquences. Rêves de Gloire est une histoire de quêtes, narrée selon une polyphonie foisonnante et humaine, dont la plus centrale est celle d’un collectionneur à la recherche d’un disque vinyle rare pressé à quelques exemplaires à la fin des années 60.
Des quêtes, mais d’un tout autre tonneau, vous en trouverez dans les Chroniques d’Arcturus de Gilles Servat dont Skinn Mac Dana est le premier livre, le premier chant, si j’ose dire. Dans un texte poétique, de cette poésie dont sont faites les chansons de geste, Gilles Servat revisite les mythes celtes à travers le prisme de la science-fiction. Destins fabuleux, prophéties obscures, bestiaire fantastique, luttes de pouvoir… une narration lyrique empreinte d’une profonde sensualité.
Terminons par les trois romans de Pierre Bordage que nous vous proposons de redécouvrir à l’occasion de la Décade. Redécouvrir ? Si Pierre Bordage est largement connu pour ses space opera grandioses aux allures de fresques intersidérales, avez-vous lu sa trilogie narrant la guerre de Vendée à l’époque de la Révolution française. Cette trilogie, c’est L’Enjomineur dont les livres s’intitulent respectivement 1792, 1793 et 1794. L’action se déroule entre Nantes, Paris et la Vendée, et le fantastique y est omniprésent.
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Quant à moi, je vous retrouve demain pour l’avant-dernière journée de notre Décade de l’Imaginaire.