Un album en souvenir

Partagez avec nous vos souvenirs et photos de Roland. (webmestre@l-atalante.fr)

Né en 1960 à Bab-el-Oued, Roland C. Wagner publie son premier texte en 1975 dans un fanzine. Cinquante romans et près de cent nouvelles ont suivi depuis. Au début des années 80, il apparaît au sommaire de diverses revues et anthologies (Futurs, Fiction, SF & Quotidien, Mouvance). Il réunit en 1982 Bientôt la marée ! la première anthologie francophone, et obtient le Prix Rosny Aîné en 1983 pour sa nouvelle Faire-part, qui y était parue.

Entre 1985 et 1999, il est responsable de la rubrique « Science-fiction » de la revue Casus Belli. Son premier roman, Le Serpent d’angoisse, qui paraît en 1987, reçoit en 1988 le Prix Rosny Aîné. L’année suivante, c’est au tour de Poupée aux yeux morts d’être couronné.

A partir de 1992, les éditions Fleuve Noir lui propose de collaborer sous pseudonyme avec l’auteur populaire Jimmy Guieu pour la rédaction d’une vingtaine de space operas d’aventure.

Sa biographie uchronique de Lovecraft, H.P.L. (1890-1991) reçoit le Prix Rosny Aîné en 1997. En 1996 commence au Fleuve Noir la parution des Futurs Mystères de Paris. Cette série, qui mêle humour, roman policier, fantastique et SF a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire 1999 ; son troisième volume, L’Odyssée de l’Espèce, a également été couronné par les Prix Ozone et Rosny Aîné 1998. La même année sa nouvelle Fragment du Livre de la Mer a aussi reçu le Prix Tour Eiffel.

En 1999 paraît Le Chant du cosmos chez L’Atalante qui à partir de 2002 reprennent l’édition des Futurs mystères de Paris. La décennie qui suit, bien que féconde en nouveaux romans et rééditions, est grandement consacrée à la construction et au mûrissement de son roman uchronique Rêves de Gloire. Il a été couronné en 2011 par le Prix Utopiales, le Prix du Lundi, le Prix Actusf de l’Uchcronie et le Grand Prix de l’Imaginaire 2012. À son propos Norman Spinrad a écrit : « Rêves de Gloire représente pour son auteur un accomplissement, un chef-d’œuvre, au sens classique du terme, c’est-à-dire une percée vers un niveau littéraire de plus haute maturité. Mais il s’agit aussi d’un saut qualitatif dans le domaine du roman uchronique et de ses possibilités, toutes langues confondues, (…) et cela au bénéfice des auteurs à venir. »

Fan de rock psychédélique, il a été le chanteur et parolier du groupe Brain Damage. Il est décédé le 5 août 2012, tragiquement, dans un accident de voiture.

4 réflexions au sujet de « Un album en souvenir »

  1. C’est terrible : j’aimais tellement son écriture (Le chant du Cosmos) que je pensais qu’il était américain. Aussi quand la nouvelle de sa mort est passé en presse régionale, je n’ai pas fait le rapprochement.
    Bon, je vais prendre un Rêves de gloire, il n’y a plus que ça à faire.

  2. C’est fou quand même de se dire qu’un roman bien écrit est forcement anglo saxon !! Il y a plein d’auteur français SFFF qui écrivent très très bien ! La scène SF en a malheureusement perdu un de ses meilleurs. Mais il en reste de très bon à découvrir, à lire et à apprendre à connaitre …

  3. Il y a quelque chose qui m’échappe. Stupidement, je voudrais comprendre… Il se passe quoi, là ?

    Hey, Roland, t’es où ? C’est quoi, le sens de cette farce ? Tu as décidé d’émanciper le fandom francophone ?

    Merde, tu fais chier, le Roland Charles. Tu fous une zone, c’est pas croyable. Ca fait quoi, près de 20 ans qu’on se connaît, et ce genre de vanne à la con, c’est interdit, entre vieux potes. Alors t’es sympa, tu arrêtes ton délire, il ne fait rire que toi ; et ce n’est pas parce que c’est quasi toujours le cas avec tes vannes pourries qu’il faut continuer à en faire. Là, tu me fait flipper. Alors t’es sympa, tu arrêtes, OK ?

    Mais oui, mais oui, c’est ça, je t’imagine bien, sur ton petit nuage, assis à côté de Vance ou de Dick, en train de pouffer de ton petit rire qui faisait kshhh kshhh kshh. Tu rigoles comme un bossu, plié en deux, comme tu en as l’habitude, avec ces étincelles dans les yeux qui n’appartiennent qu’à toi. Puis tu te tournes vers l’un de tes deux voisins et tu dis « Ah ouais, et là, d’un seul coup, ils se rendraient compte que je ne reviendrai plus jamais ; et je reviendrai chatouiller les pieds de Brussolo la nuit quand il dort. Et SuperJouanne serait enfin retour. » Et tu rigoles, tu rigoles, tu te marres, tout seul s’il le faut, devant nos mines déconfites et le sel qui brûle nos joues et nos pupilles.

    Quelle connerie. L’homme qui n’avais pas son permis de conduire meurt dans un accident de bagnole. A d’autres, j’y crois pas. Une réalité qui dépasserait tes fictions, ça n’existe que dans le monde des lieux-communs, pas dans la vraie vie.

    C’est avec toi que j’ai découvert le fandom, merde ! Et pile quand, après 18 ans, je commençais à me dire qu’il était fréquentable, ou presque, tu lâches tout ?
    J’espère que tu te rends compte que tu viens de faire un paquet d’orphelins. Il y a tes lecteurs, il y a tes éditeurs, il y a tous ceux qui t’aiment tel que tu es, avec ton caractère entièrement dévoué à défendre bec et ongles les valeurs que tu considères comme essentielles. Et puis il y a aussi tous les autres, tous ceux qui ne te connaissent pas, tous ceux à qui tu dénies désormais le droit de te rencontrer et de voir quel être humain tu es, caché derrière ta face de clown rigolard qui enchaîne des vannes à deux balles.

    Mais qu’est-ce qui t’as pris ? C’est ce coup de vieux qui avait soudain marqué tes rides, c’est ta barbiche que le temps avait saupoudré de poivre et de sel, ce poil jauni par ta fumée qui fait rire ? Ne me dis pas que les temps ont changé, mon pote, car oui, les temps ont bien changé, depuis qu’on se connaît ; mais toi, tu avais trouvé de nouveaux combats, pour le numérique, contre les lois liberticides, et même, entre temps, tu avais appris à écrire. Et comme souvent, tu avais fait ça à fond, et tu étais devenu carrément excellent, quand tu prenais le temps d’affûter ta plume.

    Alors quoi, c’est vrai, tu es parti pour de bon ? On ne te reverra plus, je ne te croiserai plus dans un quelconque festival ou une séance de dédicaces, te repérant d’abord à ta voix si particulière, si coloratur, puis ensuite à la foule des gens autour de toi, qui buvaient tes paroles en se marrant, et formaient ta cour, une cour où tu étais enfin reconnu, célèbre, populaire, où tu étais heureux…

    Merde, arrête tes conneries, reviens, mon pote, tiens, s’il ne faut, je suis prêt à réorganiser un festival, qui foirera comme tant d’autres mais qui nous enfantera des souvenirs joyeux et colorés, je suis prêt à remonter une antho au sommaire de laquelle tu figureras. Alors bon, reviens, ça commence à bien faire, on a besoin encore de toi, ici bas.

    Tu fermes ta grande gueule.
    Pour une fois.
    Mais à ça, tu ne nous avais pas habitués. Tu te tais, définitivement.
    Et c’est sûrement ça qui fait le plus mal. Ce silence tellement inhabituel, c’est comme si l’univers entier avait loupé une mesure entière dans sa partition.

    L’agression visuelle de tes fringues bariolées me manque, tes tee-shirts incroyables, ton pantalon vert et ton écharpe aux couleurs improbables, certainement teinte par un daltonien en phase terminale. Je n’ai plus mes santiags rouge vif, pas plus que les jaune citron, et de toutes manières tu as toujours été bien meilleur que moi à ce jeu-là, tellement que je n’y ai pas joué bien longtemps.

    Alors, c’est vrai ? T’es parti pour de bon ? Tu ne reviendras plus ? Plus jamais ? Plus jamais jamais jamais jamais ?

    Salaud. Enfoiré. Fumier. Tu ne perds rien pour attendre.

    Salue Fuzz, ton vieux chat, de ma part, et prépare le terrain.

    Quand je serai là, je te ferai écouter le dernier CD de mon gamin, on causera jusqu’au bout de l’éternité, on inventera des bouquins qui ne seront jamais écrits, on trouveras des titres débiles, on refera le monde, tu me feras réécouter des musiques que tu es le seul à réellement apprécier, des groupuscules psychédéliques des années 70, quand tu avais à peine dix ans, des groupes bizarres que tu n’as découvert que plus tard, ne me mens pas, j’ai ton âge à un jour près, alors hein, camembert ! Je ramènerai des graines et on fera pousser de la ganja au paradis, même si, comme souvent, je n’en fumerai pas, juste pour voir la tête des saints et des anges quand ils verront la couleur de nos auréoles. Et on l’écrira à trois, avec Jean-Marc quand il nous aura rejoints, ce feuilleton que tu m’avais promis et dont tu avais trouvé le titre avant même de savoir de quoi ça allait causer. Parce que c’est un bon titre, je dois dire, un titre prometteur, « L’homme qui murmurait à l’oreille des champignons ».

    Bon, moi, je reste en bas encore un peu, des trucs à finir. Mais je ne t’oublie pas. Aussi, en attendant, porte-toi bien, mon pote. Et pour une fois, sois violent, offre un bouquet de phalanges à la camarde de ma part. Juste comme ça, parce que, là, elle m’a un peu gavé avec ses choix arbitraires.

    Et compte pas sur moi pour prendre ta place. D’abord parce que c’est la tienne de place, et ensuite parce que, sans toi, la SF francophone va devoir se réinventer un porte-parole et une âme, et ça, c’est pas gagné d’avance et c’est certainement pas mon combat. Mais ce genre de spectacle, je ne veux pas le louper. Alors merci pour ça, à défaut. Ton héritage n’a pas fini de me faire marrer, en tout cas.

  4. Il a fait presque toutes ma culture SF&F avec ses articles dans Casus Belli, et dire que pendant tout ce temps on habitait la même ville… puis j’ai lu ses livres toujours avec bonheur! j’ai eu la chance de le croiser un paire de fois sur des salons… c’était vraiment un très grand monsieur…

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