​L’espace d’un An : « Famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié », Becky Chambers avec l’aide de Lilo&Stitch

La SF moderne, post age d’or n’est guère optimiste, je vous en avais parlé déjà, radoté ? Peut-être bien 😉
En témoigne aujourd’hui l’incroyable mode de la dystopie qui déferle sur la littérature jeunesse et le cinéma.
Qu’il est loin le temps de 2001 l’odyssée de l’espace  ! Aujourd’hui un film comme Interstellar se place dans un contexte de fin du monde écologique ;-( et n’oublions pas Matrix où l’humanité a déjà perdu !


Ne résistent guère que les SF alimentées au canon à plasma et aux missiles à anti-matière, mais c’est une autre histoire.
Aujourd’hui nous parlerons plutôt des exceptions, des livres et des auteurs qui résistent à la morosité, avec bien sûr un regard particulier sur nos propres auteurs. Nous ne pouvons pas tout lire non plus.

Bien entendu l’archétype de ce type de livre est le très Age d’Or Grand Central Arena, mais ce n’est pas sport, il a été créé explicitement en ce sens ! Et puis cela fait longtemps qu’on  vous en parle !
D’ailleurs merci de la réception que vous lui avez faite, car la suite est dans les tuyaux !

Depuis vous avez eu droit à une petite pépite inclassable, le très oriental Inspecteur Zhen et la traite des âmes qui explore lui aussi le futur de façon non-caricaturale.
Oui, non-caricatural est bien le terme que je recherchais. D’ailleurs, est-ce un hasard que Zhen vive dans une société asiatique ? Peu probable, notre avenir est asiatique, Barack Obama n’y a-t-il pas orienté toute sa politique étrangère ?
Et cette SF optimiste que j’appelle de mes vœux vient maintenant de Chine, nos amis chinois, issus d’une société plus optimiste que la nôtre, ont même remporté le Hugo 2015 avec un roman récemment sorti : « Le problème à trois corps » de Cixin Liu.le-probleme-a-trois-corpsVivant dans la société la plus pessimiste du monde, il n’est pas étonnant que nos auteurs indigènes ne figurent pas massivement dans ce sujet. Nous avons néanmoins abrité les œuvres de Roland Wagner, le chantre des futurs non-violents !
Pire encore, le principal pays pourvoyeur de positivité en Science-Fiction s’est mis lui aussi à douter de son destin, les États-Unis ne sont définitivement plus ce qu’ils étaient …
L’assurance monolithique des bienfaits du Progrès et de sa Propagation dans tout l’Univers au bout de Phalliques fusées a disparu avec l’adolescence du genre et je crois que c’est heureux.

Car il y a d’autres moyens de célébrer le futur sans ces oripeaux. Peut-être simplement en y écrivant des histoires utilisant un univers riche sans essayer de le sauver, de le promouvoir ou souvent de le dénoncer !
N’est-ce pas la feuille de route d’un auteur oublié ? Le très Vancien Matthew Hughes dont je vous conseille la lecture sans restriction aucune.
Et ce n’est pas si facile qu’il y paraît, sinon nous aurions plus de Roland Wagner et de Matthew Hughes. Paradoxalement parlant l’écrivain de SF n’est-t-il pas enchaîné au présent ?
C’est pourquoi quand de nouvelles voix apparaissent et brisent un moule inconscient, il faut le saluer. Surtout quand ce sont vos serviteurs qui se font les porte-voix 😉 … en toute modestie  bien évidemment.
Je vous annonce donc un livre qui correspond à l’oiseau rare que je viens de vous dépeindre.

Un livre qui vous fera du bien … Un livre avec des gens dedans, pas des héros, des gens ordinaires plongés dans une société multi espèces forcément complexe dans laquelle les humains font plutôt pâle figure. Un univers qui n’est pas sans horreurs, ne serait-ce qu’en raison de l’inévitable relativisme dû aux différentes biologies des espèces pensantes.
Un livre qui, loin des convulsions militaires, met en scène l’équipage d’un vaisseau utilitaire chargé de percer des raccourcis dans l’espace-temps. Un boulot incroyable à nos yeux mais pas très prestigieux en ce lointain futur.

Qu’importe ! À l’aventure ! Découvrez ce lointain univers si exotique au travers de la très jeune et très naïve martienne Rosemarie (genre Homo Sapiens) en rupture de ban et à la recherche d’une nouvelle … famille finalement.

Elle a de la chance car, un vaisseau, quand son capitaine n’est pas un psychopathe, c’est un peu ça.

Et si vous trouvez que votre famille est compliquée, allez tâter un peu de celle-ci, une dizaine d’extra-terrestres différents, une Intelligence Artificielle pas si artificielle que ça et des ennuis personnels à la pelle !
D’aucuns diront que de tels brassages de cultures, de races et d’éducation ne peut que conduire à la catastrophe. Et si …

Et si il suffisait d’enfermer tout ce petit monde dans une boîte de ferraille pendant des mois autour d’un but commun (faire des trous dans le vide …) pour régler plein de choses ?

On peut toujours rêver, rêver d’un avenir meilleur.

Et ça fait tellement du bien.

Ne manquez pas les romans de Becky Chambers !

« Famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié ». Lilo&Stitch

Alain Kattnig

3 réflexions au sujet de « ​L’espace d’un An : « Famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié », Becky Chambers avec l’aide de Lilo&Stitch »

  1. Oui, lisez-le ! Et Matthew Hughes aussi ! 🙂

    J’espère que l’Atalante pourra également traduire la suite de Becky Chambers, « A Closed and Common Orbit » qui est vraiment superbe, par du tout du réchauffé, j’ai adoré.

    (très mignonne conclusion ^-^)

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