Todd Lockwood et les dragons de Marie Brennan

À l’occasion de la sortie imminente du deuxième livre de la série de Marie Brennan, intitulé Le tropique des serpents, nous avons eu envie d’aborder la série sous un angle un peu différent, celui des couvertures. Car, il faut bien l’avouer, le travail magistral de Todd Lockwood nous offre une merveilleuse représentation des dragons que décrit lady Trent dans ses mémoires.

Il y a quelques semaines, la maison d’édition américaine, Tor Books, a révélé la couverture  du cinquième et dernier tome de la série. Alors profitons de cette opportunité pour faire un tour d’horizon de ces magnifiques illustrations.

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« Soyez avertis, cher lecteur : les volumes de cette série contiendront des montagnes gelées, des marais fétides, des étrangers hostiles, des compatriotes hostiles et à l’occasion des membres de ma famille hostiles, de mauvaises décisions, des mésaventures géographiques, des maladies dépourvues d’attrait romantique et une abondance de boue. Vous poursuivrez votre lecture à vos risques et périls. »
Les mémoires de lady Trent, mises en scène par Marie Brennan, racontent la vie et les recherches d’Isabelle Trent, naturaliste mondialement connue et désormais vieille dame, dont l’esprit et le style empreints d’humour s’avèrent sans pitié pour les imbéciles.

Dans ce premier volume, lauréat du Prix Imaginales 2016, Isabelle, petite fille puis jeune femme, brave les conventions de sa classe et de son temps pour satisfaire sa curiosité scientifique et accompagner son mari lors d’une expédition à la recherche des dragons de Vystranie…

Un livre de facture raffinée, qui s’adresse aux amateurs d’époque victorienne, de fantasy, et n’est pas sans rappeler le travail baigné de naturalisme et d’imaginaire de Pierre Dubois dans La grande encyclopédie des fées.

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« Bien que peu de gens soient assez âgés pour s’en souvenir, et encore moins assez impolis pour en parler, je fus autrefois vilipendée dans les feuilles à scandales. […] C’est à cette époque de mon existence que je fus accusée de fornication, de haute trahison et d’être la plus mauvaise mère de tout le Scirland. C’est plus que la plupart des femmes peuvent réaliser en l’espace d’une vie et j’admets que j’éprouve une sorte de fierté perverse à y être parvenue.
Ce livre est également, bien entendu, le récit de mon expédition en Érigie. Les avertissements de ma première préface s’appliquent toujours : si les descriptions d’actions violentes, de maladies, de mets étrangers au palais des habitants du Scirland, de religions étranges, de nudité en public ou de gaffes diplomatiques idiotes sont susceptibles de vous gêner, fermez ce livre et passez à quelque chose de plus plaisant.
Mais je peux vous assurer que j’ai survécu à tous ces événements ; il est donc probable que vous survivrez à leur lecture. »

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Voici donc pour les livres déjà parus ou à paraître très prochainement à L’Atalante. Mais pourquoi se priver ? Voici les illustrations des trois autres tomes, dont le cinquième sortira au printemps 2017 chez Tor.

Tome 3 :
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Tome 4 :

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Le second tome de la série en français sera disponible dans votre librairie dès le 22 septembre 2016, en version papier et numérique.

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C’est par ici et ici !

« La Terre du Magicien » de Lev Grossman : oyez, oyez, la fin de la trilogie des Magiciens !

Nous venons d’achever l’édition de la trilogie complète de la série des « Magiciens » de Lev Grossman.

C’est un événement !

Qu’il soit su partout en France et au royaume de Navarre que l’histoire entamée par Quentin dans  Les Magiciens est aujourd’hui complète.

couverturesToi, ami lecteur, qui cherche la garantie de lire une histoire complète ou toi qui n’aurais pas su que le destin de Quentin s’étendait sur plusieurs volumes, plus rien ne peut plus retenir ta lecture !

Et l’ambition de l’auteur que de marier la littérature classique avec l’Imaginaire a su durer, pas de panne d’imagination, pas de simple exploitation de l’univers déjà créé.
Non, Lev Grossman a constamment bousculé son lecteur, ne serait-ce que par son postulat de départ qui était tout simplement de traiter littérairement de l’Imaginaire.

En effet, Lev Grossman fait partie de ces auteurs « classiques », de plus en plus nombreux, qui ont grandi avec l’Imaginaire et ne l’ont pas renié une fois « grands ». Ces auteurs amènent certes les travers du classicisme avec eux, mais également une attention à l’écriture qui n’est pas la marque de fabrique du genre.

Lorsque le mariage est réussi vous vous trouvez devant un monument : l’incroyable richesse de l’Imaginaire décuplée par des personnages et une écriture qui sortent des poncifs qui habillent parfois notre Imaginaire préféré.
Honnêtement, quel auteur aurait fait d’un apprenti-magicien un adolescent maladroit dont l’accession au pouvoir ne changera … rien à ce qu’il est ? Ni Magie, ni Argent (son pendant moderne) n’en sont capables.

Quentin

Et n’oubliez jamais que la Magie ne fait pas le bonheur. … à part celui des lecteurs ;-p

Alain Kattnig

Le Grand Livre de la Fin du Monde : « Extinction Game », Gary Gibson

… et tout finit par des livres. Comment pouvait-il en être autrement ? J’ai tenté dans les deux billets précédents de vous introduire à la fin des temps. La lecture de la Bible se faisant plus rare, l’Apocalypse doit bien s’abreuver à de nouvelles sources, non ?

Or Gary Gibson, l’auteur, trouvant peut-être que les efforts manifestés par ses collègues étaient insuffisants, a décidé d’écrire LE livre définitif sur le sujet.

⊕LE GRAND LIVRE DE LA FIN DU TEMPS⊕

Comme il est difficile de détruire plusieurs fois la même Terre, l’auteur a dû improviser. Il s’est appuyé sur l’idée à la mode chez les physiciens des univers qui ne cessent de se démultiplier. Il s’est alors mis joyeusement à nous inventer moult fins du monde – vous avez d’ailleurs déjà eu droit aux catastrophes cosmiques qui attendent notre planète ainsi qu’aux bactéries&virus prêts à festoyer sur nos restes.

Mais rassurez-vous, point de catalogues ici, tout juste un homme seul, Jerry, le dernier survivant de son espèce. Fin de l’histoire. Dix ans de solitude totale…
Lorsque apparaissent des traces de pas fraîches – impossible… –, toute l’Humanité n’a-t-elle pas été décimée par le virus « Moisson Rouge » ?
Et pourtant … Jerry était bien le dernier survivant sur Terre. Ce qu’il ignorait, c’est que sa Terre n’en est qu’une parmi d’autres…
Et Jerry a le profil idéal pour intégrer le corps des Éclaireurs au service d’une mystérieuse Autorité. Une Autorité qui dispose du moyen de franchir la barrière des mondes… Vous savez, comme dans « La longue Terre », de Pratchett & Baxter.Sauf que personne n’a demandé son avis à Jerry : « D’ailleurs, on ne te retient pas, tu peux retourner dans ta Terre morte, tu sais ! »
Convenez que l’accueil de l’Autorité n’est guère formidable. Mais comment refuser la chaleur du petit groupe d’Éclaireurs qu’elle a constitué ? peut-être même leur amour ? Et qui est cette Chloé qui l’embrasse subitement pour s’enfuir en pleurant ?

Partez avec Jerry explorer ces mondes mourants ou déjà morts, dans des quêtes énigmatiques et toujours très dangereuses. Expérimentez le frisson esthétique qu’évoquent ces mondes morts, ces mondes désertés par notre humanité ou habités par nos remplaçants.Mais la mort accompagne aussi les Éclaireurs, des amis chers ne reviendront jamais. Pourquoi ?

Trop de secrets entourent Jerry, des secrets qui tuent…

Merveille d’équilibre entre émotions, mystères, aventures et scènes spectaculaires, je recommande ce roman à tout lecteur.

Alain Kattnig