Concours permanent (mai)

Bonjour à toutes et à tous,

Comme annoncé, nous avons décidé de modifier les règles de notre concours permanent. Désormais, il comportera quatre questions : les trois premières porteront (de près ou de loin) sur les trois livres dont vous pourrez contempler les bannières sur notre blog, et la quatrième sur l’ordre d’apparition de celles-ci.

Les cinq premiers d’entre vous à donner les quatre bonnes réponses remporteront une nouveauté du mois de leur choix. Pour participer, laissez vos réponses en commentaire de ce message. Le concours est ouvert jusqu’au 19 mai à 12 heures.

A – Où ne trouve-t-on pas d’hippocampe ?

  1. Dans le lobe temporal médian ;
  2. Dans les mers tropicales ;
  3. Dans l’attelage du char de Poséidon ;
  4. Dans la piscine municipale.

B – Quelle est le champ de gravité terrestre à l’altitude 0 ?

  1. 1 m.s-2
  2. 9,80665 m.s-2
  3. 3,1415 m.s-2
  4. 6,674 m.s-2

C – Suivant la manière dont on lit cette liste, on peut y déceler deux intrus, lesquels et pourquoi ? Autre formulation : il y a deux manières d’associer trois noms dans cette liste pour en exclure un quatrième. Quelles sont-elles ?

  1. Anne Bonny
  2. Mary Read
  3. Ching Shih
  4. Calicot Jack

D – Les trois bannières du mois seront Magie brute, Les Cracheurs de lumière et Flibustière ! laquelle paraîtra le :

  • 21 mai
  • 1er juin
  • 11 juin

Nos quatre nouveautés du mois sont mises en jeu. À savoir :

  • Doregon, livre 3 : Les cracheurs de lumière de Carina Rozenfeld
  • Magie brute de Larry Correia
  • Le Peuple des nuées, livre 2 : La Lance et la lumière de Kai Meyer
  • Flibustière ! de Johan Heliot

Bonne chance à toutes et à tous.

Résultats du concours : Le chant du cosmos

Et voici ce que vous attendiez tous : les résultats du concours autour du roman Le Chant du cosmos.

Vous avez été très inspiré par ce concours puisque nous n’avons que des bonnes réponses ! Du coup, j’ai hésité à conserver les quelques explications et décryptages que j’avais initialement inclus dans ce billet. Finalement, je n’ai pas eu le cœur de les supprimer et vous priver d’une lecture parfaitement superflue.

La question A :

  1. La Saison du Maedre est la bonne réponse. Il y avait certes le début de La Saison de la sorcière, mais le Maedre n’est pas un titre de texte, c’est un personnage du Chant du cosmos. Et pour une information encore plus complète, sachez que j’avais hésité avec Le Maedre gravite au 21.
  2. Pax de Gloire = Pax Americana + Rêves de Gloire
  3. Les Psychopompes du Prophète = Les Psychopompes de Klash + La barbe du Prophète
  4. Les Ravisseurs aux yeux morts = Les Ravisseurs quantiques + Poupée aux yeux morts
  5. H.P.L.L.G.M. = H.P.L. + L.G.M.
  6. Cette crédille du néant = Cette crédille qui nous ronge + La Balle du néant

La question B :

  1. California über alles est le titre d’une chanson des Dead Kennedys (ce n’était donc pas la bonne réponse).
  2. I wanna be your dog est un titre des Stooges le groupe d’Iggy Pop (pas la bonne réponse non plus).
  3. One-Way ticket to Mercury… la voici, l’intruse ! Qu’on se réfère à One-way ticket to the Moon, ou à One-way ticket to Pluto, Mercure n’a rien à voir dans l’histoire.
  4. Dernier train pour Pontoise est un titre des Wampas
  5. Enfin, My wife’s a psychopath est un titre que nous devons aux Toy Dolls.

La question C : il fallait bien entendu répondre que l’unité astronomique est définie comme la distance moyenne entre la Terre et le Soleil.

La question D : il ne s’agissait pas de la réponse 4 à moins que vous ayez envie d’envoyer votre belle-mère passer des vacances dans le nuage d’Oort (c’était donc la réponse 1).

Quant aux goûts et aux couleurs… à chacun de connaître les siens. Cependant, j’avoue avoir beaucoup apprécié l’humour et la poésie que vous avez mis dans vos réponses. Je pense que je vais refaire le coup de la question ouverte plus souvent.

Cela dit, je ne vous ai toujours pas annoncé les heureux gagnants. Sans vous faire plus languir, les voici :

  • Harmonia
  • Random.org avait initialement désigné Erwan, qui ne participait que pour la forme comme il l’a précisé dans son commentaire, aussi nous avons dû tirer un autre gagnant au sort.
  • Ambre
  • Maryse L.

Bravo à toutes et à tous et bonne lecture !

Où est passé l’Homme ?

Couverture © David Demaret

Dans L’Entité 0247, l’auteur nous a joué un bien vilain tour. Alors que notre lecture ronronnait tranquillement vers le Triomphe du Héros, qui en plus ramasse au passage la Belle Blonde (BB ?), nous, lecteurs, raillions intérieurement ce final si prévisible et tellement classique… quand soudain, horreur, notre Héros est brutalement déchu ! Sans prévenir !
En fait si, un petit peu, quelques indices traînaient de-ci, de-là, mais personnellement je ne les avais pas relevés.
Donc, brutalement, Patrick Lee nous retirait le tapis sous les pieds et transformait notre beau Héros (rédempté en plus) en un paria sans avenir, au nom de l’Amourrrr…
Bref, pas sympa.
Mais heureusement, amis lecteurs, il y a une suite ; Travis aura donc droit à une nouvelle chance auprès de Paige. Un peu léger comme programme me direz-vous, mais, soyez rassurés, ceci n’est que l’effet collatéral d’une épreuve majeure : la fin de l’Homme…

Et voilà notre série qui bascule franchement dans la science-fiction, la belle, celle qui nous fait rêver, celle qui ouvre des abîmes sous les pieds du lecteur.
Quoi ? Alors qu’on nous avait tant vanté l’aspect thriller de L’Entité ?
Rassurez-vous, il reste toujours de gros morceaux d’action, impossibles et quasi désespérés, bien entendu. Mais le rythme frénétique du premier volume est rompu par ces scènes tragiques, illustrées par David Demaret. Regardez donc bien la couverture. Ne reconnaissez-vous pas la fameuse place new-yorkaise de Times Square ?
Mais rapprochez-vous donc encore, avez-vous remarqué que les immenses écrans ne sont pas allumés ? Il semblerait même qu’une abondante végétation ait pris possession de la ville.
Où est donc l’Homme ? Ou, à défaut, que lui est-il arrivé pour qu’il abandonne ses villes en paix à la nature ?

De l’émotion, de l’inconnu, des trahisons prodigieuses, croyez-moi, il n’existe plus beaucoup de romans de science-fiction de cet acabit.

Alain Kattnig
Co-directeur de collection

Carte blanche à Lelf

Wang, Les Portes d’Occident & Les Aigles d’Orient, par Pierre Bordage

On m’a proposé de vous parler de mon livre fétiche de l’Atalante. Déjà ça commence mal : est-il sérieusement possible de n’avoir qu’un seul livre fétiche de l’Atalante ? J’en doute. Ô rage, ô désespoir, tout ça, je me résigne aujourd’hui à ne vous en présenter qu’un. J’ai nommé (enfin pas encore mais dans deux secondes oui) : Wang, de Pierre Bordage.

Wang

Couverture © Gess

Pourquoi avoir choisi ce titre ? Pour plusieurs raisons.
Déjà Pierre Bordage est un nom associé à l’Atalante pour moi, je possède presque tous ses titres parus chez l’éditeur, j’en ai lu quelques-uns (oui, c’est mieux) et j’ai adoré à chaque fois. Pierre a l’art de transporter ses lecteurs, de sublimer les émotions. Il met en scène une science-fiction simple et des héros honnêtes à qui l’on s’attache facilement. Il se dégage de ses livres un fort sentiment d’humanité, quelque chose de grand qui sait émerveiller. Wang n’échappe pas à la règle et fascine, avec à la fois son côté futuriste rude et son aspect uchronique (réécriture des batailles passées).

Wang c’est le synonyme de mes premières Utopiales en 2007 et de mon premier contact avec Pierre Bordage. Contact qui s’est limité à « bonjour… » *bafouille un truc* *attend sa dédicace* « merci ». Avant même de découvrir sa plume, j’ai pu faire connaissance avec une personne d’une grande gentillesse, très abordable, attentif à ses lecteurs.
Les Utopiales sont un festival très complet autour de l’imaginaire sous toutes ses formes, avec de nombreux animations et invités ; ils représentent ma première véritable incursion dans le monde de l’imaginaire français, mes premières rencontres d’écrivains de science-fiction, mes premières discussions avec ces professionnels. Wang restera à jamais associé à cette découverte des plus enrichissantes.
Enfin, je dois à Lionel Davoust d’avoir choisi ce titre (avec mon premier Roland Wagner, mais c’est une autre histoire). Je souhaitais découvrir l’œuvre de Pierre Bordage, qui, je le savais, était (et est toujours) un grand nom de la SF française. Je ne regrette pas ce choix et je recommande régulièrement ce titre, qui est idéal pour découvrir ce qui se cache derrière le nom de Pierre Bordage ou tout simplement la science-fiction, par le biais d’une aventure passionnante.

Retrouvez Lelf sur son blog, Imaginelf

Les nouveautés du mois

Une fois n’est pas coutume, c’est en ce deuxième mardi du mois que nous vous présentons nos nouveautés. Mais rassurez-vous : dès juin, nous reprendrons nos bonnes habitudes.

Je ne vais pas vous le refaire tous les mois, le coup de la sagesse populaire. Et c’est sans plus attendre que je vais plonger dans le vif du sujet. Sur les quatre nouveautés de mai, trois viennent enrichir notre collection jeunesse et une la collection La dentelle du Cygne.

Commençons par le lourd, le très lourd (je sais, la blague est assez facile…). Champion toutes catégories de l’imaginaire, j’ai nommé le premier roman d’une série intitulée Grimnoir : Magie brute de Larry Correia. Au croisement des genres du pulp, de la fantasy urbaine et des superhéros, laissez-vous embarquer par un scénario mené tambour battant écrit dans un style très visuel. Vous avez déjà pu lire des billets consacrés à ce livre sur notre blog (par ici) en voici un petit aperçu supplémentaire.

Jake Sullivan, vétéran de la dernière guerre mondiale, est un détective privé au passé de truand. Il doit la liberté à ses pouvoirs magiques – qui lui permettent de manipuler la gravité. Mais sa liberté a un prix : il doit mettre ses pouvoirs à la disposition du Bureau des Investigations à chaque fois qu’une enquête est liée au surnaturel.

Alors que sa dernière mission tourne mal, il est confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde où toutes les grandes puissances cherchent à s’approprier une arme au pouvoir de destruction inimaginable. Jake sera alors la parfaite recrue pour la société secrète du Grimnoir – police, juge et bourreau des « actifs », abusant de leurs pouvoirs.

Pour continuer, plongeons-nous dans l’aventure et la piraterie dans les mers des Caraïbes avec Flibustière ! de Johan Heliot. Des tréfonds du bayou jusqu’aux prisons sordides, nous allons suivre les pas d’Alexia Dumas, une héroïne pleine de panache.

Couverture © Didier Graffet

1797 Aristide Dumas embarque à La Rochelle avec sa femme et sa fille à destination des Caraïbes. Peu avant leur arrivée, sa femme meurt en mettant au monde un garçon, et leur navire, La Destinée, est abordé par un corsaire. Le destin d’Alexia est scellé. À douze ans, déguisée en garçon, elle rejoint la communauté des frères Lafitte, célèbres flibustiers établis à l’embouchure du Mississipi, pour garantir sa survie et celle de son jeune frère…

Dès lors elle sillonnera le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes pour faire sortir son père de prison, libérer le corsaire Logan des griffes de l’affreux Bonnafé et se lan cer dans la flibuste à son compte.

De batailles en trahisons, voici le premier livre des aventures d’Alexia Dumas, flibustière, une héroïne prise dans la tourmente de la colonisation en Amérique, avec en fil rouge le combat pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation par tous les moyens.

Couverture © Benjamin Carré

Il y a aussi, en ce mois de mai, un livre que vous êtes nombreux à attendre : le troisième et dernier tome de la saga de Doregon de Carina Rozenfeld. Les Cracheurs de lumière est là, tout chaud sorti de chez l’imprimeur (hmmm, j’anticipe un peu à vrai dire, mais c’est pour très bientôt !).

Mia, Josh et Garmon se retrouvent enfin dans la même ligne temporelle. Leur mission : faire disparaître l’ombre qui absorbe toute lumière et toute chaleur en Doregon, sans quoi les mondes qui s’ouvrent dans le couloir aux tableaux seront voués à la mort. Les humains et leurs alliés télépathes se rassemblent pour l’ultime bataille face à un Moone écrasant de supériorité et de noirceur…

Dernier de la liste, mais pas des moindres, le deuxième tome de la série Le peuple des nuées de Kai Meyer : La Lance et la lumière.

Tandis que Pleuring chemine avec Bisevent à la recherche de ses souvenirs, Nugua se rend avec le Xian Li au cimetière des dragons, afin de demander au gardien le lieu où séjournent ceux qui ont subitement disparu. Eux seuls pourront la sauver de la malédiction de la Main Pourpre qui la fait mourir à petit feu. Mais surtout, ils sauront aussi empêcher l’éther de mener à terme ses funestes projets de destruction du monde. Quant à Niccolo, il est toujours sous le charme magique de Fille de Lune qui, esclave de l’éther, cherche à tuer les trois derniers Xian. Saura-t-il l’en empêcher au risque de la tuer, alors qu’il l’aime irrésistiblement ? Si le dernier Xian venait à mourir, le lien entre les dieux et la terre serait rompu et l’éther malfaisant dominerait le monde.

Tous ces titres, vous les retrouverez chez vos libraires préférés dès le 23 mai. Je vous souhaite un très bon mois de lecture !

Concours : Le chant du cosmos

Amis lecteurs,

Ce mois-ci, pour notre concours, nous avons voulu faire (re)découvrir un des romans les plus poétiques de Roland C. Wagner : Le Chant du cosmos. (Enfin, ce n’est là que mon opinion personnelle que je partage avec vous.) Une première et une quatrième de couverture pour vous mettre en appétit et on passe aux choses sérieuses.

Soit un jeune Océanien, Yeff, étudiant sur la planète Diasphine et qui se découvre un talent pour le « Jeu », cette rencontre mentale entre « Penseurs » qui fait l’objet de tournois interstellaires.
Soit une « muse » professionnelle, Clyne, égérie d’un Penseur dont la carrière vient de s’achever brutalement.
Soit un étrange animal imprévisible mais convivial, le maedre, qui s’attache tout à trac aux pas de Yeff.
Trois personnages d’une aventure de trois décennies, opéra de l’espace et roman de suspense, voyage à travers des cultures bigarrées, parmi un bestiaire où l’auteur donne la mesure de son humour.

Autant vous prévenir, les questions sont particulièrement retorses tant ce concours m’a inspiré. Alors prenez bien le temps de les lire. Nous y parlerons de chant, de cosmos, du Maedre et des textes d’un des auteurs français de science-fiction (mais pas uniquement) les plus prolifiques. Wagnerophiles, à vos claviers !

A – Lequel de ces titres n’est pas une combinaison exacte de deux titres de textes de R. C. W. ?

  1. La Saison du Maedre ;
  2. Pax de Gloire ;
  3. Les Psychopompes du Prophète ;
  4. Les Ravisseurs aux yeux morts ;
  5. H.P.L.L.G.M. ;
  6. Cette crédille du néant.

B – Lequel de ces titres n’est pas celui d’une chanson ?

  1. California über alles ;
  2. I wanna be you dog ;
  3. One-way ticket to Mercury ;
  4. Dernier train pour Pontoise ;
  5. My wife’s a psychopath.

C – Quelle distance représente l’UA (Unité Astronomique) ?

  1. La distance Terre-Lune ;
  2. La distance Terre-Soleil ;
  3. Le rayon du système solaire ;
  4. La moyenne pondérée des trois valeurs précédentes.

D – Qu’est-ce qui se trouve à environ 50 000 UA du Soleil ?

  1. Le nuage d’Oort ;
  2. Les Dentelles du Cygne ;
  3. Barnard 33 (également connue sous le nom de Nébuleuse de la Tête de Cheval) ;
  4. Vous ne savez pas exactement, mais c’est sans aucun doute l’endroit rêvé pour les prochaines vacances de votre belle-mère.

E – Quelle est votre couleur préférée ?

Oui, la dernière question est ouverte. Et elle ne fait pas vraiment partie du concours, de toute façon ; c’est juste pour satisfaire ma curiosité personnelle. Vous n’êtes donc pas obligés d’y répondre. Cependant, je ne vous cache pas qu’elle rapporte des points bonus… ou malus, c’est selon.

Les modalités de participation restent les mêmes que pour nos autres concours à savoir que nous vous demandons d’indiquer vos réponses en commentaire de ce billet. Le concours est ouvert jusqu’au 9 mai à midi. Il y a trois exemplaires du Chant du cosmos à gagner.

Bonne chance à toutes et à tous !

Carte blanche à Colville Petipont

Cette semaine Colville Petipont narre ses lectures semi-nocturnes de La Mort du Nécromant de Martha Wells

À une époque j’étais à la fac à Rennes. C’est là que j’ai connu Éva (que certains connaissent eux sous le patronyme de Meor). C’est important, parce que, sans elle, je n’aurais peut-être jamais ouvert un bouquin de SF ou de fantasy. À Rennes je rencontre aussi Inés. Et je la suis pour la capitale, enfin, sa banlieue. C’était aventureux – et je conseille à qui me lit de préparer son départ avant de se lancer dans un tel programme. Plus ou moins au même moment, Éva et Ronan s’installent dans une autre banlieue éloignée. Je vais les aider à emménager. Pour me remercier, on me remet entre les mains une petite pile de bouquins de L’Atalante (en double dans leurs bibliothèques).

Ellipse. Besoin d’argent. Premier job qui tombe, on réfléchit pas trop. Je me retrouve à faire les 2X8 à l’usine PSA d’Aulnay (là où il y a eu ensuite licenciements et grèves). Je prends de chez moi la navette à des heures pas possibles. Une période curieuse. Mais c’est durant celle-ci que j’ai lu La Mort du nécromant de Martha Wells. C’est un peu le livre que je n’aurais jamais lu s’il ne m’était pas tombé entre les mains ainsi.
Pourtant, synchronisation parfaite : l’ambiance dix-neuvièmiste de la Vienne imaginaire du royaume d’Île-Rien (en français dans le texte) collait parfaitement avec mes horaires de lecture, dans la navette tôt tôt le matin, ou de nuit au retour. Éclairé par les seules réverbères des rues traversées, j’ai bien dû m’esquinter les yeux à suivre les aventures de Nicholas et Madeline.
Je dois avouer ne pas me souvenir de l’intrigue, mais bien plus de l’ambiance : un côté vaguement Arsène Lupin, de la magie, un méchant sorcier malicieux, des rebondissements, un suspens haletant, des pavés, des passages secrets, une impression d’aube ou crépuscule constant, et même une pointe d’humour bien distillé. On y suit les pas (et les acrobaties) du couple gentlemen cambrioleurs avec un grand intérêt, retenant sans cesse son souffle.
Le livre est aujourd’hui rangé dans ma bibliothèque, où je m’applique à prendre désormais soin de lui. Car il faut savoir qu’une chose que cette aventure aura prouvée, c’est que : si le papier, indubitablement d’une grande qualité esthétique, a participé à fonder l’image de L’Atalante, celui-ci ne résiste décidément pas au transport répété dans un sac à dos rempli avec gamelle, gants de travail poussiéreux et fouillis divers. Enfin, on voit de cette façon que mon volume a vécu – ce qui, je crois, colle d’une certaine façon avec cette ambiance sombre, grisâtre et au charme désuet de l’époque.